Costa Mesa (Califonie)
Le musée Orange County Museum of Art (OCMA), une architecture moderne.
Le musée Orange County Museum of Art (OCMA) est un musée d’art moderne et contemporain situé à Costa Mesa, Californie, sur le campus du Segerstrom Center for the Arts. Il se concentre sur l’art de Californie et du Pacifique depuis le XXᵉ et XXIᵉ siècle. Avec notre guide conférencier, découverte des travaux de l’architecte Thom Mayne et des expositions.
Histoire et fondation de l’OCMA
L’OCMA trouve ses origines en 1962 : treize femmes visionnaires ont créé une galerie baptisée Fine Arts Patrons Pavilion Gallery ; cette initiative a donné naissance au musée qui deviendra le Newport Harbor Art Museum en 1968 puis l’Orange County Museum of Art en 1997. L’institution a ainsi plus de 60 ans d’existence, avec une collection et une programmation qui se sont développées au fil des décennies.
Architecture et construction du bâtiment actuel
Le musée a déménagé de Newport Beach à Costa Messa, situation centrale dans le comté d’Orange (Orange County). Dirigée par l’architecte Thom Mayne, la construction du musée a duré 4 ans et couté plus de 90 millions de dollars. Son architecture est particulièrement moderne avec des façades ondulées et des passerelles suspendues.
Architectes et conception
Le bâtiment actuel de l’OCMA a été conçu par le cabinet Morphosis Architects, dirigé par le lauréat du prix Pritzker Thom Mayne, avec le partenaire en charge Brandon Welling.
Tout d’abord Morphosis a remporté le concours de conception dès 2007, puis la conception a été dévoilée en 2018, et enfin la construction débute en septembre 2019.
Date de construction et ouverture
La construction s’est étendue de 2019 à 2022, et le musée a officiellement ouvert ses portes au public le 8 octobre 2022. Le bâtiment s’étend sur environ 4 900 m² dont 2300m² sont dédiés aux galeries d’exposition.
Spécificités architecturales de l’OCMA
Le bâtiment s’impose comme une pièce maîtresse d’architecture contemporaine en Californie. Installé au cœur du Segerstrom Center for the Arts à Costa Mesa, ce musée repensé offre une vision audacieuse où la forme, la matière et l’expérience du visiteur deviennent indissociables. Pensé comme une véritable sculpture habitée, le musée OCMA se distingue par ses volumes dynamiques, ses pans courbes et ses lignes angulaires typiques de l’écriture architecturale de Thom Mayne.
Le bâtiment se distingue par plusieurs éléments marquants :
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- Une façade en bandes ondulantes de panneaux en terre-cuite (terracotta) glacés, qui créent un jeu de reliefs et de lumière. Ce choix matérialise une volonté forte : associer chaleur, durabilité et innovation technologique dans une façade qui joue en permanence avec la lumière. Ces bandes de terre cuite se prolongent de l’extérieur vers l’intérieur, créant un fil conducteur visuel qui guide le visiteur dès l’entrée dans l’atrium central.
- Un atrium lumineux à plusieurs niveaux, des passerelles en verre suspendues, connectant les espaces. Cet atrium est véritablement le point de convergence des circulations. Des passerelles suspendues, des percées visuelles et des volumes ouverts invitent à une déambulation intuitive. Chaque déplacement offre un angle inédit sur les œuvres, les espaces et la structure elle-même.
- Des espaces modulables dédiés aux arts contemporains. Le programme architectural repose sur la flexibilité (galeries reconfigurables, salles immersives « boîte noire, espaces pédagogiques…).
- Un grand escalier extérieur « grand-stand », inspiré des marches du Metropolitan Museum of Art, qui relie le musée à l’espace urbain et à la place Argyros.
- Une terrasse-toit (Upper Plaza) extensible qui peut servir d’espace d’exposition en plein air et de rencontre publique.
Cette modularité permet au musée d’accueillir aussi bien des installations contemporaines exigeantes que des expositions traditionnelles. L’OCMA s’impose comme un symbole de l’architecture culturelle contemporaine.
Mission et particularités du musée
L’OCMA se positionne comme un lieu accessible qui s’engage à « enrichir la vie d’une communauté diversifiée par l’art moderne et contemporain ».
Quelques particularités :
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- Le musée se focalise sur l’art californien et du Pacifique, du XXᵉ siècle à aujourd’hui, avec aussi des supports nouveaux (vidéo, installation, numérique) en plus des peintures, sculptures traditionnelles.
- Le bâtiment met l’accent sur l’ouverture, la lumière, le lien entre intérieur et extérieur — en phase avec le climat de la Californie.
- L’une des missions affichées est de réduire les barrières à l’accès à l’art pour tous. L’entrée générale est gratuite pendant au moins 10 ans grâce à un don spécifique.
Expositions et collection
L’OCMA possède plus de 4 600 objets (tableaux, sculptures, photographie, médias numériques) centrés sur l’art californien et le Pacifique des XXᵉ et XXIᵉ siècles. La collection n’est pas nécessairement en exposition permanente fixe, mais est souvent intégrée dans des rotations ou des expositions temporaires.
À l’ouverture de son nouveau bâtiment, l’OCMA présentait plusieurs expositions majeures :
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- California Biennial 2022 : Pacific Gold (du 8 octobre 2022 au 22 janvier 2023), avec 19 artistes de Californie, organisée par Elizabeth Armstrong, Essence Harden et Gilbert Vicario.
- 13 Women : exposition hommage aux 13 fondatrices de l’institution, avec des artistes femmes pionnières.
- Fred Eversley : « Reflecting Back (the World) », une rétrospective de cet artiste lié au mouvement Light & Space.
- Des expositions plus récentes figurent sur le site : par exemple, jusqu’au 4 janvier 2026 : California Biennial : Desperate, Scared, But Social.
Les expositions temporaires présentes en 2025
C’est à l’occasion du déplacement d’un groupe d’amateurs d’art français, venu entre autre accompagner l’artiste-sculpteur Floscel Aubert au Beverly Hills Art Show, que l’OCMA a fait l’objet d’une visite approfondie.
Su Yu-Xin : « Searching the Sky for Gold »
Searching the Sky for Gold, est la première exposition solo de l’artiste Su Yu-Xin (née en 1991 à Hualien, Taïwan) basé à Los Angeles. Elle explore le lien entre les phénomènes éthérés autour du Pacifique – pluie, pneus, nuages – et leurs éléments tangibles liés à la terre. Ces forces sont enracinées dans la matérialité :
- L’air chargé de sel le long de la côte californienne,
- La vapeur de l’onsen japonais enrichie en minéraux thérapeutiques,
- Les nuages qui coulent à travers les montagnes chinoises et la poussière volcanique du nord-ouest pacifié.
« Unearthed »
Unearthed (ou « Déterré ») nous invite à reconnaître la céramique comme une pratique enracinée dans une histoire commune façonnée par les forces humaines et naturelles.
Les œuvres évoquent l’interaction des forces tectoniques, de la compression et de la fracture qui sculptent la surface de la planète. L’exposition nous invite à reconnaître la céramique en tant que pratique, mais aussi liée à la création de l’humanité, façonnée à la fois par la main de l’homme et par la nature.
Artistes : Alex Anderson, Shuyi Cao, Tony Marsh, Keita Matsunaga, Yuji Ueda, Masaomi Yasunaga
La première galerie Ordinaire-Extraordinaire
La première galerie Ordinaire-Extraordinaire nous invite à regarder de plus près les objets du quotidien comme une machine à copier, un sac en papier ou un rouleau de papier hygiénique.
Parmi les œuvres exposées :
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- l’artiste Vija Celmins magnifie une gomme « Pink Pearl », ses marques faibles et ses bords usés révélant son utilisation comme outil dans l’atelier de l’artiste.
- « La tranche de gâteau de mariage» de Claes Oldenburg qui joue avec la perception, car un dessert doux et délicieux. A première vue le gâteau semble réel et comestible, mais en réalité elle est réalisée en plâtre, donc non comestible.
- Le « Pink top » de De Wain Valentine (1936-2022), pionnier dans l’utilisation de plastiques industriels (disques en résine translucides et les sculptures monumentales).
- « La chaise et la corde» de Ricky Swallow, où la réalité et l’illusion sont suspendues dans un équilibre délicat et précaire.
Avec précision, chaque artiste remodèle notre vision de ces objets humbles, révélant une ressemblance étrange qui oscille entre le réel et le surréel.
Les objets Ordinaires
Les « Commonplace objects » – ainsi que les organismes vivants – émergent comme protagonistes ou accessoires pour reconstruire les étapes de la vie quotidienne. Silencieux mais résonnant, Rodney McMillian et Joseph Grigely donnent une voix évidente à un réfrigérateur et à un manteau !
Jim Lambie enterre la culture pop sous des couches vives, où la « bouteille de lait » de Joe Goode devient un objet de contemplation silencieuse. Cammie Staros submerge un ancien vaisseau dans un aquarium, évoquant notamment un effondrement écologique. Masaya Chiba et Shota Nakamura dissolvent quant à eux la frontière entre la « psyché intérieure » et le « monde extérieur », où la maison devient un miroir de joies simples et d’incertitudes persistantes.
En transformant des objets et des matériaux
En transformant des objets et des matériaux qui sont souvent rejetés, sous-évalués et finalement écartés, les œuvres de cette galerie nous demandent de repenser la façon dont nous leur attribuons de la valeur.
Les récifs coralliens en plastique de Lynn Aldrich, façonnés à partir de produits de nettoyage, évoquent des thèmes de décomposition écologique. Narsiso Martinez lui reprend le visage des travailleurs agricoles en les représentant sur l’emballage des produits. La tapisserie complexe d’Elias Sime, tissée à partir de fils électriques usagés, expose la tension entre la technologie, les progrès et les dommages environnementaux.
La dernière galerie Ordinaire-Extraordinaire
Cette dernière galerie « Ordinary Extraordinary » présente des œuvres qui rendent le banal magique, mystérieux, étrange, insolite… Ici les artistes nous rappellent avec humilité la dimension extraordinaire qui se cache dans l’ordinaire. Dans cette galerie ces oeuvres invitent le spectateur à repenser le monde que nous connaissons, révélant un espace de rêves secrets, d’histoires et de mythes.
Quelques exemples :
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- Les interventions de Kori Newkirk dans le paysage du centre-ville de Los Angeles,
- Les représentations introspectives de Robert Olsen d’espaces isolés de circulation (pompes à essence et abribus),
- Les maquettes d’intérieur de Roland Reiss qui suggèrent des nuances psychologiques et morales.
Chaque œuvre sert de scène où les objets, les lieux et les symboles culturels transcendent leurs rôles habituels. Ils créent une représentation nuancée du lieu et de l’atmosphère tout en invitant à la contemplation.
Spécial « Nice Girl » par Amy Adler.
Nice Girl présente un nouvel ensemble d’œuvres au pastel à l’huile par Amy Adler. Chaque portrait représente un selfie, utilisé sur les réseaux sociaux. Ces 21 portraits soulèvent de nombreuses questions, telles l’identité, la jeunesse, la féminité…bref ils nous invitent à examiner les pouvoirs inhérents à la création d’une image et l’interprétation de celle-ci par nos proches mais aussi par des inconnus.
Enfin, Floscel AUBERT a proposé sa candidature à l’OCMA afin d’y exposer ses sculptures en béton cellulaire. Lauréat au Beverly Hills Art Show de 2025, il reviendra à Los Angeles avec sa nouvelle collection « Produits de luxe français » !
Donateurs et soutien philanthropique
Un don principal pour l’entrée gratuite : L’entrée générale gratuite pour 10 ans est rendue possible par un don de 2,5 millions de dollars de la société Lugano Diamonds (Newport Beach).
Autres donateurs majeurs
Le musée propose également un programme « Donor Circle » avec différents niveaux d’engagement (2 500 $, 5 000 $, 10 000 $, 25 000 $…) offrant des bénéfices à ses membres.
Le musée a annoncé des « leadership gifts » et des « named spaces » :
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- Anton & Jennifer Segerstrom : 8 000 000 $
- Bill Witte & Keiko Sakamoto Shop
- The Barbara & Alex Bowie Façade (Bowie Family : 5 000 000 $)
- Dons importants de The Ahmanson Foundation, The Samueli Foundation (Henry et Susan Samueli), Jean & Tim Weiss, Kelly & David Emmes.
- Lugano Diamonds / Ferder Family : 4-3,5 M$
- James B. & Rosalyn L. Pick : 4-3,5 M$
En conclusion, L’Orange County Museum of Art (OCMA) est une institution moderne d’art, ancrée à Costa Mesa, dans le comté d’Orange (Californie du Sud), qui combine un bâtiment emblématique (par Morphosis / Thom Mayne), une mission d’accès élargi et une programmation contemporaine très dynamique. L’OCMA est ainsi un musée incontournable et s’impose comme un symbole de l’architecture culturelle contemporaine. Il s’intègre parfaitement à l’occasion d’un voyage sur mesure pour des passionnés d’art ou bien d’un voyage Incentive.
Spécialiste du voyage sur mesure, Aubert Ermisse conçoit des expériences uniques adaptées aux familles, mini-groupes, séminaires d’entreprise ou associations.
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