Gunsbach (68)
Albert Schweitzer : un destin alsacien exceptionnel
Albert Schweitzer est né en Alsace, en 1875, de parents devenus allemands après le rattachement de l’Alsace-Lorraine à l’empire Allemand avant de devenir Français à la signature du traité de Versailles en 1919. Était-ce un signe pour la suite de sa vie ? Cette double culture a-t-elle guidée sa destinée ?
« Je suis une vie qui veut vivre, au milieu d’autres vies qui veulent vivre » disait-il.
Itinéraire de jeunesse d’Albert Schweitzer
Albert Schweitzer, né en Haute Alsace, se passionnera pour l’orgue, la philosophie, la théologie, la médecine…
Des racines familiales fortes
Tout d’abord, Albert Schweitzer est né le 14 janvier 1875 à Kaysersberg en Haute Alsace. L’Alsace-Lorraine ayant été annexée à l’Allemagne le 9 juin 1871, le petit Albert est né Allemand.
Son père Louis Schweitzer, issu d’une longue lignée d’instituteurs, étudie la théologie protestante à Strasbourg et occupe le poste de vicaire du pasteur Jean-Jacques Schillinger à Muhlbach. D’ailleurs, c’est à cette période qu’il rencontre sa future épouse, Adèle, la fille du pasteur Schillinger.
Sa mère Adèle Schillinger est une femme intelligente, éduquée et marquée par une forte personnalité.
On dit d’Albert qu’il est né l’année d’un bon vin dans la petite ville de Kaysersberg. Mais à 6 mois à peine, son père est nommé pasteur à Gunsbach et toute la petite famille déménage. Louis Schweitzer occupera cette fonction à Gunsbach jusqu’à son décès en 1925.
La maison de Gunsbach
Puis, la famille s’installe alors dans le « vieux presbytère » avant de prendre demeure, en 1890, dans une très belle bâtisse appelée « l’ancien presbytère » et léguée à la paroisse protestante de Gunsbach par Adolphe Muller. C’est d’ailleurs dans cette très belle demeure qu’Albert et Hélène, son épouse, vivent de 1921 à 1924, année de leur départ pour Lambaréné. En 1925, au décès de son père, un nouveau pasteur prend possession des lieux. Très attaché à cette demeure refuge, il projette alors en 1927 de construire sa propre maison à Gunsbach.
Les Études d’Albert Schweitzer
Albert est un enfant heureux dans une famille heureuse. On dit de lui qu’il est rêveur, timide, réservé, sensible, aimant la solitude et la nature.
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- En 1885 ses parents l’envoient au lycée à Mulhouse chez l’oncle Louis et la tante Sophie qui n’ont pas d’enfant.
- En 1893, le jeune Albert est admis au baccalauréat et s’inscrit alors dès l’automne à l’université de Strasbourg pour étudier la théologie protestante et la philosophie.
- Puis, à l’automne 1905, il entame un nouveau cursus : la médecine.
- En 1913, il est pour la troisième fois docteur de l’université de Strasbourg. Il a dorénavant plusieurs cordes à son arc : pasteur, enseignant et médecin.
- C’est en 1913 également qu’il quitte l’Alsace pour le Congo (actuel Gabon), laissant derrière lui famille et amis, afin d’y construire un hôpital à Lambaréné. Musicien reconnu, il emporte avec lui son piano à pédalier d’orgue grâce auquel il continue de s’exercer afin de donner des concerts lorsqu’il reviendra en Europe. Fervent admirateur de Jean-Sébastien Bach, il joue avec bonheur et brio, les œuvres de Bach dont il a dit, d’ailleurs, qu’il avait, d’une certaine façon, contribué au financement de l’hôpital de Lambaréné.
Un mariage d’actions
Albert Schweitzer épouse Hélène Bresslau le 18 juin 1912 à Gunsbach. Ils ont réciproquement 37 et 33 ans, des âges qui laissent supposer qu’il s’agit plus de raison que de passion.
Hélène Bresslau, une infirmière diplômée au côté d’Albert
Hélène partage avec Albert l’envie d’être au service des autres et s’enthousiasme à ses côtés à l’idée de construire un hôpital au Congo*. Albert, de son côté, se réjouit d’ailleurs auprès de ses proches : « Je ne pars pas seul au Congo*, ma fidèle amie et collaboratrice Hélène Bresslau m’y accompagnera comme épouse et aide médicale. »
* Congo (actuel Gabon)
Hélène Bresslau : « Madame Docteur »
Et en effet, Hélène s’implique et soutient son mari sur tous les fronts, tant et si bien qu’on la surnomme « Madame Docteur » jusqu’à ce que son état de santé se dégrade et l’oblige, en suite, à rentrer en Europe en 1922.
A partir de 1922 et jusqu’au 1er juin 1957, date de sa mort, Hélène lutte contre la maladie. De souffrances en souffrances et de frustrations en frustrations, elle s’enferme peu à peu dans une profonde tristesse et un lourd silence. On peut affirmer aujourd’hui que sa vie a été une longue succession de déceptions et de renoncements.
Fondement de l’éthique
La philosophie de vie d’Albert Schweitzer est fondée sur « le respect de la vie », traduction de l’expression allemande « Ehrfurcht vor dem Leben » ou « crainte respectueuse devant la vie », le verbe « ehren » signifiant « honorer » et « fürchten », « redouter ».
Le respect de la vie est une notion plus large que celle de sentiment ou d’état d’âme, elle repose sur la réalisation d’actions concrètes, de luttes à mener, de combats à gagner pour servir et défendre la vie.
A ses yeux chaque vie est sacrée, aucune ne peut être négligée, il n’existe pas de hiérarchie de valeur entre les différentes formes de vie : « Je suis une vie qui veut vivre, au milieu d’autres vies qui veulent vivre ».
Un hôpital au service de l’éthique
Albert Schweitzer incarne l’optimisme, un optimisme clairvoyant de l’homme libre et profondément humain qu’il est. Pour lui, tout passe par le respect de la vie qui nécessite de créer les conditions propices à la créativité, l’originalité et au développement de l’individu.
Enfin, sa philosophie de la vie s’exprime à travers son village-hôpital qui célèbre la vie dans tous ses aspects. On y soigne le corps et l’esprit, on partage des valeurs qui s’appuient sur le respect de la vie et de la spiritualité. On vit ensemble tout simplement dans le respect de l’autre et en se rendant utile à l’autre.
Le sentiment d’utilité
Pour Albert, c’est dans le sentiment d’utilité que chacun trouve sa place et se réalise. « Être un homme au service des hommes », son village-hôpital en est l’illustration parfaite. Les patients et leurs familles, les collaborateurs, tous participent au fonctionnement de la communauté, tous sont utiles et tous donnent vie à la petite société idéale portée par Albert Schweitzer.
Albert Schweitzer : prix Nobel de la paix
Lauréat du prix Nobel de la paix en 1952, il est à présent officiellement reconnu et récompensé pour ses actions humanitaires.
Les polémiques
Bien qu’il bénéficie d’une aura internationale, l’œuvre d’Albert Schweitzer est peu connue en France à l’exception de son Alsace natale. Critiqué, contesté et attaqué, on peut légitimement se demander si tout ça ne traduit pas une forme de malaise. D’ailleurs, la pensée et l’action du docteur Schweitzer renvoient chacun à ses propres responsabilités.
Ce qu’on disait d’Albert Schweitzer…
Dans les années 50, de grandes figures intellectuelles françaises ne mâchent pas leurs mots. Jean-Paul Sartre, son cousin, va même jusqu’à le traiter de « plus grand filou qui soit ». A la même période, ses prises de position contre l’arme nucléaire embarrassent le gouvernement français tandis que le Général De Gaulle, de retour au pouvoir y est complètement favorable.
Albert Schweitzer et la décolonisation
En 1959, lors de la décolonisation, Schweitzer estimait : « De Gaulle se trompe. Pourquoi veut-il décoloniser si vite ? Il ne se rend pas compte qu’ils ne sont pas mûrs pour la démocratie. Encore moins pour l’indépendance. Elle sera pour eux une tragédie ». De Gaulle répondait : « Vous croyez que je ne le sais pas, que la décolonisation est désastreuse pour l’Afrique ? Mais que voulez-vous que j’y fasse ? Les Américains et les Russes se croient la vocation de libérer les peuples colonisés et se livrent à une surenchère ».
Aucun doute qu’Albert Schweitzer dérange…
D’autres intellectuels sont au contraire séduits par cet homme, comme par exemple, Gilbert Cesbron, qui lui a consacré une pièce de théâtre « Il est minuit docteur Schweitzer », adaptée au cinéma l’année suivante en 1952. A partir de ce moment-là, les français découvrent l’homme et son œuvre et reconnaissent son rayonnement.
La maison-musée de Gunsbach
En conclusion, visiter la maison d’Albert Schweitzer de Gunsbach est un must ! Avec l’agence Aubert Ermisse vous bénéficierez d’une visite hors-pair, assurée par des passionnés de la vie d’Albert Schweitzer.
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